L, comme libres


Photo by Mat Reding on Unsplash


Confinés et libres. 

Confinés et contraints de rester chez nous. Dans des intérieurs plus ou moins confortables, plus ou moins accueillants, plus ou moins grands. Mise au grand jour de nos inégalités. Des privilèges de certains.  Des privations des autres. De l’arbitraire de nos vies. 

Confinés et parfois malades. Entre la vie et la mort. Parfois déjà morts. 

Nous sommes confinés, certes. Et pourtant. Comme une occasion inouïe de reprendre conscience de notre liberté existentielle. Du fait que les chaines invisibles qui influent sur nos vies quotidiennes et routinières et auxquelles nous nous soumettons inconsciemment sont bien plus contraignantes qu’un mois de confinement. Et qu’elles peuvent se défaire. Pourquoi pas maintenant ? 

Libres de renier ses valeurs, de les faire vivre. Pourquoi pas de les honorer. De préférer la dignité à la grossièreté.

Libres de faire la pause que j’attendais depuis si longtemps. De respirer. De me sentir coupable. Ou bien au contraire, de savourer ce moment si précieux. De s’en délecter. 

Libres de penser. De réfléchir et d’écrire. S’écrire à soi-même. Et en même temps à ceux que l’on aime. A ceux que l’on ne connait pas encore. 

Libres d’éprouver. De goûter, sentir, voir, entendre et toucher. De pleurer. D’être triste. De rire ou d’en rire. D’avoir peur et d’aimer. 

Libres d’être en lien. De partager. De renforcer ces liens. D’en construire de nouveaux ?  De pardonner aussi. 

Libres de changer de regard. D’imaginer du vert là où l’on voit du bleu. De mélanger les couleurs. De mettre de la nuance. D’accepter le noir. De se méfier du blanc. Choisir des pastels, des crayons ou des feutres.  

Libres d’honorer nos héritages. De les transformer ou de les renier. Quoi qu’il en soit d’en faire ce qu’il nous semble bon d’en faire. 

Libres de projeter, de rêver. D’imaginer un après différent. Une vie nouvelle.  Pourquoi pas plus belle encore ? 

Libres de renoncer ou de se battre. De renoncer et de se battre. 

Et puis, il y a l’espoir… 

Sébastien Weill

Un commentaire

  1. Très beau texte qui fait réfléchir sur les véritables valeurs, sur le sens que l’on donne aux mots en général, Liberté en particulier, sur le temps: ce n’est pas forcément quand on croit être libre qu’on l’est et inversement… Bref un texte ouvert réconfortant et optimiste qui ne nie ni la gravité ni la peur, ni les angoisses que l’on peut ressentir… Pour finir, et je ne veux pas étaler le peu de culture que j’ai mais Emmanuel Levinas disait à peu près en ces termes:  » il ne faut pas chercher ce qu’un texte veut dire, mais ce qu’il peut dire »! Et celui là il me dit d’abord que j’ai un fils merveilleux, plein d’amour et de bonté, il me dit aussi qu’il faut garder espoir et que tous ensemble nous allons surmonter cette fichue maladie, et puis que finalement la vie sera encore plus belle qu’avant! Alors je ne sais pas ce que ce texte pourra vous dire à vous, mais je trouve que c’est déjà énorme, et j’en ai les larmes aux yeux.
    Myriam

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